Techniques

Les techniques psychologiques s’acquièrent par des exercices mentaux et comportementaux dans le but de modifier une ou plusieurs variables du fonctionnement de l’individu. Elles sont les éléments actifs dans la démarche de résolution de problème des psychothérapies comportementales et cognitives. 

Ces techniques se divisent en plusieurs catégories : comportementales, cognitives, émotionnelles et corporelles.

LES TECHNIQUES COMPORTEMENTALES découlant du conditionnement pavlovien (tirées de l’ouvrage « La thérapie cognitivo-comportementale » de Louis Chaloult, 2008) :

      1. La désensibilisation systématique ;
      2. L’immersion in vivo ou in imagino ;
      3. L’exposition graduée in vivo ;
      4. L’expositions aux sensations physiques ;
      5. L’exposition graduée in vivo combinée à la prévention de la réponse.

1. LA DÉSENSIBILISATION SYSTÉMATIQUE :

    • Un déconditionnement effectué de façon graduelle en utilisant une hiérarchie a été «désensibilisation systématique» par Wolpe.
    • La relaxation est le stimulus utilisée pour contrôler l’anxiété provoquée par les peurs et les phobies.
    • La démarche thérapeutique s’effectue en deux temps :
      • Elle débute par une désensibilisation systématique en imagination.
      • Puis, elle est ensuite combinée à une désensibilisation systématique in vivo.
    • Au cours de la désensibilisation systématique en imagination, le thérapeute enseigne une technique de relaxation inspirée de la relaxation progressive de Jacobson (1938), puis
    • Il établit une hiérarchie faite d’étapes graduelles rapprochant le patient de l’objet ou de la situation phobogène.
    • Une fois le patient bien détendu, il lui demande de se représenter les diverses étapes en imagination, en allant de la plus facile à la plus difficile.
    • À chaque étape, l’anxiété doit être bien neutralisée avant de passer à l’étape suivante.
    • Une fois toutes les étapes maîtrisées en imagination, le patient entreprend la désensibilisation systématique in vivo : il refait les mêmes étapes, mais dans la réalité, cette fois.

2. L’IMMERSION (in imagino ou in vivo) :

    • On doit la technique de l’immersion à Stampfl (1961), qui l’a décrite pour la première fois en 1960.
    • Celle-ci consiste à plonger le sujet dans une situation très anxiogène en prévenant, simultanément, toute stratégie de neutralisation ou tout comportement d’évitement. On laisse le sujet suffisamment longtemps pour que l’anxiété soit en bonne partie disparue, ce qui peut parfois prendre une heure ou plus.
    • On répète les séances d’immersion suffisamment souvent pour que l’anxiété soit contrôlée quand le sujet est de nouveau devant l’objet phobogène ou dans la situation phobogène.
    • Deux mécanismes sont ici en cause :
      1. Un mécanisme d’extinction (Stampfk & Levis, 1967) selon lequel « une fois le conditionnement établi, si le stimulus conditionnel (SC) est présenté seul un trop grand nombre de fois sans être suivi du stimulus inconditionnel (SI), c’est-à-dire sans jamais être renforcé, la réponse conditionnelle (RC) s’amenuise lentement pour finir par disparaître » (Malcuit et al.,1972). Autrement dit, un bon exercice d’exposition doit donc comporter des séances prolongées, répétées et rapprochées. (Marks, 1972 ; Foa, 1980) ;
      2. Un mécanisme d’habituation (Rachman, 1978 ; Watts, 1973). Lorsqu’un sujet est plongé dans une situation anxiogène qu’il ne peut éviter ni neutraliser, dans un premier temps tous ses processus physiologiques réagissent : les rythmes cardiaque et respiratoire s’accélèrent, et l’électro-encéphalogramme de même que la conductance électrodermale sont modifiés. 
      • Si l’exposition est brève, l’organisme reste en état de sur-stimulation, le malaise persiste, et il en résulte une sensibilisation, c’est-à-dire qu’à l’avenir, le sujet aura plus peur de la situation phobogène qu’avant l’exSi l’exposition dure suffisamment longtemps, l’organisme se clame et, par le fait même, s’habitue graduellement à la situation. C’est le phénomène d' »habituation », qui devient de plus en plus marqué à mesure que l’on répète les séances.

3. L’EXPOSITON GRADUÉE in vivo : 

    • Cette technique consiste à mettre graduellement et systématiquement une personne en présence de l’objet de ses peurs, non pas imagination mais dans la réalité (Marks, 1987).
    • Il s’agit d’une autre technique dérivée de la désensibilisation systématique in vivo, mais qui en diffère du fait que le déconditionnement, ici, repose non pas sur un phénomène d’inhibition réciproque, mais plutôt sur des mécanismes d’extinction et d’habituation.
    •  Procédure (Jacob & Pelham, 2000) : 
      1. On commence par établir une hiérarchie des principales situations phobogènes, en allant de la plus facile à la plus difficile.
      2. On amène graduellement la personne à faire face, dans la réalité (in vivo), à chacune de ces situations, en commençant par la plus facile.
      3. Il faut tenir compte des trois conditions essentielles pour rendre les séances d’exposition efficaces : elles doivent être prolongées, répétées et rapprochées.
      4. On ne doit pas mettre un terme à l’exposition à une situation tant que l’anxiété n’est pas réduite d’au moins 50%. Le patient ne doit pas s’échapper (càd quitter la situation phobogène) ou, pire, éviter la situation (càd éviter totalement ou partiellement la situation anxiogène) car ceci diminue l’anxiété à court terme mais la fait augmenter à long terme.
      5. On ne doit pas progresser dans la hiérarchie tant que l’étape en cours n’est pas suffisamment maîtrisée.

4.L’EXPOSITION AUX SENSATIONS PHYSIQUES :  

    • On entend par « sensations physiques » les symptômes physiologiques qui accompagnent les attaques de panique et qui suscitent chez la personne des peurs prenant l’allure de catastrophes, comme la peur de perdre connaissance, de perdre la maîtrise de soi ou de mourir.
    • Ces symptômes peuvent être regroupés en cinq catégories :
      • Des symptômes cardiovasculaires, en particulier de la tachycardie, des extrasystoles et des maladies thoraciques ;
      • Des symptômes respiratoires, surtout une sensation d’étouffement combinée à une accélération du rythme respiratoire pouvant causer de l’hyperventilation ;
      • Des symptômes vestibulaires, en particulier des nausées et des étourdissements ;
      • Des symptômes consécutifs à l’hyperventilation. Il s’agit surtout d’une sensation d’irréalité se manifestant par un sentiment de dépersonnalisation et de la déréalisation ;
      • Des symptômes liés à la tension musculaire, comme des tremblements et des raideurs musculaires.
      • L’exposition aux sensations physiques consiste à reproduire chez le sujet ces divers symptômes au moyen d’exercices spécifiquement conçus à cette fin (Leahy & Holland, 2000).
      • Graduellement, la personne se familiarise avec ces symptômes, et il en résulte une dédramatisation lorsqu’elle se rend compte que, même si ceux-ci sont douloureux, ils ne sont pas dangereux.
      • Il y a huit exercices : 
        1. Secouer la tête de gauche à droite pendant 30 secondes. But : exposition aux étourdissements ;
        2. Placer la tête entre les genoux pendant 30 secondes et la relever rapidement. But : exposition aux étourdissements.
        3. Monter et descendre rapidement un escalier ou une marche d’escalier pendant une minute. But : exposition à la tachycardie ;
        4. Retenir sa respiration pendant 30 secondes. But : exposition à la sensation de manque d’air ;
        5. Contracter tout son corps pendant une minute. But : exposition à la tension musculaire ;
        6. S’asseoir sur une chaise pivotant et tourner sur place pendant une minute. But : exposition aux étourdissements ;
        7. Hyperventiller pendant une minute. But : exposition aux conséquences de l’hyperventilation, en particulier aux étourdissements, à la dépersonnalisation et à la déréalisation ;
        8. Respirer à l’aide d’une paille étroite pendant une minute. But : exposition à la sensation d’étouffement.

5. L’EXPOSITION GRADUÉE in vivo COMBINÉE À LA PRÉVENTION DE LA RÉPONSE :

    • Cette technique est surtout employée dans le traitement du TOC (Marks, 1975). Elle consiste à utiliser l’exposition graduée in vivo pour amener le patient à faire graduellement face aux peurs suscitées par ses obsessions et l’inciter à supprimer les compulsions ou les rituels auxquels il recourt habituellement pour contrôler son anxiété. Les compulsions forment ici la réponse et la prévention de la réponse amène leur suppression.
    • Procédure :
          1. Il faut d’abord connaître les diverses obsessions du patient et les compulsions qui en découlent.
          2. On dresse ensuite la liste des principales situations où les comportements obsessifs et compulsifs apparaissent. On doit prendre soin d’inclure les situations que le patient évite complètement parce qu’elle sont trop anxiogènes. Sur cette base, on établit une hiérarchie allant de la situation la plus facile à affronter sans compulsion jusqu’à la plus difficile.
          3. On demande ensuite au patient de vivre dans la réalité chacune de ces situations en éliminant complètement les compulsions. Il faut progresser graduellement, en partant de la situation la plus facile pour aller vers la plus difficile. Lorsque la chose est possible, on utilise l’apprentissage vicariant : le thérapeute exécute lui-même certains des exercices qu’il recommande au patient pour lui servir de modèle.
          4. Une fois que la première situation est maîtrisée, on incite la patient à aborder une à une toutes les autres situations de la hiérarchie en application les principes fondamentaux de l’exposition in vivo :
            1. il faut tenir compte des trois conditions essentielles pour rendre les séances d’exposition efficaces : elles doivent être prolongées, répétées et rapprochées ;
            2. dans la mesure du possible, l’exposition débute pendant les entrevues avec le thérapeute. Elle se poursuit à domicile, entre les séances ;
            3. on ne progresse pas dans la hiérarchie tant que l’étape en cours n’est pas suffisamment maîtrisée, càd tant que les compulsions ne sont pas complètement éliminées et tant que l’anxiété n’a pas diminué d’au moins 50%.

Les principales techniques provenant du conditionnement opérant :

Le psychologue américain B. F. Skinner, à la suite des travaux d’Edwin Thorndike, développa les concepts de base du conditionnement opérant (Skinner, 1953 ; 1974). Selon lui, un comportement normal ou pathologique, tant chez l’animal que chez l’humain, est conditionné par ses conséquences. Si un comportement est suivi d’un stimulus agréable, l’individu aura tendance à le reproduire et le rendra plus fréquent. S’il est suivi par un stimulus désagréable, l’individu aura tendance à le faire rapidement disparaître. S’il n’est suivi d’aucun stimulus, ni agréable ni désagréable, l’individu aura quand même tendance à l’éliminer, mais plus lentement, cette fois. Pour modifier un comportement, il importe donc, avant tout, de le faire suivre de conséquence agréables ou désagréables, ou de ne l’associer à aucune conséquence, selon qu’on veut en augmenter la manifestation ou la diminuer plus ou moins rapidement.

  • Les programmes de renforcement : Le respect des principes de contingence et de contiguïté est important si on veut modifier efficacement un comportement, mais l’ordre dans lequel les renforcements sont apportés constitue un facteur tout aussi important. Cet ordre représente ce qu’on appelle un « programme de renforcement ». Ce programme peut être construit en fonction de deux facteurs : le laps de temps entre le comportement et son renforcement, qui permet de concevoir des programmes à intervalles, et le nombre de réponses émises avant la manifestation du renforcement, qui permet d’élaborer des programmes à intervalles ou ) proportions fixes. Si le laps de temps ou le nombre de réponses varient, il s’agit alors de programmes à intervalles ou à proportions variables.
  • Le registre des activités quotidiennes : Le registre des activités quotidiennes consiste en une grille d’évaluation, en haut de laquelle on inscrit les jours de la semaine à l’horizontal et à gauche, et les heures à la verticale. Le patient note très brièvement, en un ou deux mots, les principales activités qui l’ont occupé aux différentes heures de la journée. Il peut le faire au fur et à mesure, deux fois par jour ou, encore, une seule fois, à la fin de la journée. Lorsque cette grille est remplie, elle permet au thérapeute comme au patient de prendre rapidement et globalement connaissance des activités menées au cours d’une période de temps (une semaine, le plus souvent),et d’évaluer jusqu’à quel point ces activités,ou certaines d’entre elles, sont fonctionnelles ou dysfonctionnelles. Cette évaluation est basée sur différenes mesures que le patient prend à la demande du thérapeute, comme le degré de tristesse, de plaisir ou de dévalorisation, selon les besoins. Par la suite, le thérapeute utilise la démarche comportementale pour favoriser l’accroissement des activités utiles ou fonctionnelles et la diminution des activités dysfonctionnelles. Une grille d’évaluation de ce genre permet également d’établir un lien entre les activités et les émotions ou les sensations corporelles. On peut aussi s’en servir pour aider un patient à mieux planifier ses journée et à s’engager davantage dans des activités plaisantes et valorisantes.


Les techniques cognitives :

On sait que les pensées automatiques responsables des émotions dysfonctionnelles sont elles-mêmes, en bonne partie, dysfonctionnelles dans la mesure où elles sont irréalistes et inadaptées : irréalistes parce qu’elles ne correspondent pas à une réalité communément admise, et inadaptées parce qu’elles ne servent pas les intérêts de la personne concernée. Exemple : L’agoraphobe « Je cours un grand danger si je subis une attaque de panique dans cet ascenseur ». IRRÉALISTE ! Les attaques de panique sont souffrantes et désagréables, mais ne constituent pas un danger. INADAPTÉ ! Une pensée de ce genre conduit à une augmentation de l’anxiété et peut inciter l’agoraphobe à éviter les ascenseurs, ce qui n’est évidemment pas dans son intérêt.

On peut donc définir la restructuration cognitive comme une démarche consistant à remplacer les pensées dysfonctionnelles par d’autres, plus fonctionnelles, c’est-à-dire plus réalistes et mieux adaptées. Le patient commence par reconnaître les pensées qui sont à l’origine de ses émotions, il vérifie si elles sont dysfonctionnelles ou non et, dans l’affirmative, il les remplace par des pensées plus fonctionnelles. Il en résulte presque toujours une diminution et parfois même une disparition des émotions dysfonctionnelles.

La difficulté, ici, est de savoir distinguer les pensées fonctionnelles des pensées dysfonctionnelles. Voici cinq critères pouvant nous faciliter la tâche (Walen, DiGiuseppe & Wessler, 1980 ; Auger, 1986) :

  • Une pensée fonctionnelle est plus évidente, plus logique et plus facilement vérifiable ou démontrable. Exemples : « Il existe au Québec une ville nommée Montréal. » Vérifiable. « Si ma conjointe me quitte, je perds beaucoup. » Démontrable si cette femme a été une bonne et agréable compagne aux yeux de son conjoint.
  • Par opposition, une pensée dysfonctionnelle est moins évidente, moins logique et plus difficilement vérifiable ou démontrable. Exemple : « Ma conjointe m’a quitté il y a un mois, c’est horrible et insupportable. » Peu démontrable ! La perte d’un être très cher est certes pénible, mais supportable puisque la plupart des gens à qui la chose arrive la supportent. Elle ne devient insupportable que si elle est accompagnée d’une croyance irrationnelle : « Sans ma conjointe, il m’est impossible de profiter de la vie et, par conséquent, je ne pourrai plus jamais être heureux. »
  • Une pensée fonctionnelle ne s’exprime pas en termes absolus, mais plutôt en termes relatifs, conditionnels et nuancés, par opposition à une pensée dysfonctionnelle qui est exprimée sous forme d’une exigence rigide. Exemple : « J’aurai préféré que ma conjointe demeure avec moi. » par opposition à « Ma conjointe n’avait pas le droit de me quitter après tout ce que j’ai fait pour elle. Elle doit rester avec moi parce que j’ai absolument besoin de sa présence pour être heureux. » On retrouve donc ici la notion d’exigence rigide, exigence qui est faite de lois ou de besoins absolus et qui s’oppose à la notion de préférence le long du continuum qui mène de l’exigence à la préférence.
  • Une pensée fonctionnelle est suivie d’émotion modérées et non dommageables, contrairement à une pensée dysfonctionnelle qui résulte souvent en des émotions dysfonctionnelles qui, par définition, sont toujours perturbatrices et fréquemment dommageables. « Il est regrettable que ma conjointe m’ait quitté. » produira comme émotion une tristesse appropriée ; mais une pensée comme « Ma conjointe n’a pas le droit de me quitter, et je ne peux le supporter parce que j’ai absolument besoin de sa présence pour être heureux. » produira de l’anxiété, de l’hostilité et de la tristesse, toutes trois probablement dysfonctionnelles parce que trop intenses et de trop longue durée.
  • Une pensée fonctionnelle aide une personne à atteindre ses objectifs, alors qu’une pensée dysfonctionnelle nuit à leur réalisation. Dans notre exemple, l’individu dont la pensée est fonctionnelle sera moins perturbé et parviendra plus facilement à se réconcilier avec sa compagne ou à s’en trouver une autre que celui qui est hostile, jaloux ou désespéré.

La restructuration cognitive consiste donc à remplacer les pensées dysfonctionnelles par d’autres, plus fonctionnelles. La façon la plus efficace pour y arriver consiste à procéder par écrit. Un texte écrit oblige la personne à prendre de la distance par rapport à ses pensées, à les exprimer plus clairement, à les systématiser et à les ordonner dans une séquence logique. Il permet à la personne de se relire, de se corriger et il peut ultérieurement être consulté pour une nouvelle réflexion que le patient mènera seul ou avec le thérapeute. Bien sût, l’écriture exige temps et effort, ce qui déplaît à plusieurs. Mais on ne peut s’attendre à modifier rapidement et facilement des croyances dysfonctionnelles apprises et profondément ancrées en soi depuis l’enfance, croyances que l’individu a ressassées de milliers de fois.

On peut s’y prendre de mille façons pour effectuer une restructuration cognitive mais la méthode la plus souvent utilisée consiste à se servir du tableau à cinq colonnes nommé « Tableau d’enregistrement des pensées dysfonctionnelles », ou TEPD.

Albert Ellis  est à l’origine du TEPD (Ellis, 1962 ; 1973 ; Ellis & Greiger, 1977). Fidèle à sa théorie « événement, émotions, pensées », il suggère à ses patients de suivre une séquence en cinq étapes lorsque survient une émotion dysfonctionnelle. Il a donné à chaque étape un nom commençant par une des cinq premières lettres de l’alphabet : A B C D E. Le A correspond à la première étape, le B à la deuxième, et ainsi de suite.

  1. Première étape. Quel est l’événement, la situation ou ce qu’on pourrait appeler l’occasion, en langage cognitif, qui génère l’émotion ? Ellis la nomme, en anglais, activating event.
  2. Deuxième étape. Quelles sont les pensées qui ont jailli spontanément à la suite de cet événement ? Ellis les nomme belief (c’est-à-dire pensées et croyances) et Beck, pensées automatiques.
  3. Troisième étape. Quelle émotion résulte de ces pensées ? Ellis appelle cette étape, en anglais, consequence. Il suggère d’évaluer l’intensité de l’émotion à l’aide d’une échelle allant de 0 à 100. Notons ici que ces trois premières composantes du TEPD sont indissociables et qu’elles forment un système qui est à la base de toute restructuration cognitive un peu structurée. Ellis l’a baptisé « système événement, pensée, émotions ».
  4. Quatrième étape. Ces pensées sont-elles réalistes et adaptées ? Si elles ne le sont pas, par quelles autres pensées plus réalistes et mieux adaptées pourrait-on les remplacer ? C’est cette opération qui constitue la restructuration cognitive. Ellis la nomme disputing (c’est-à-dire « restructuration » ou confrontation).
  5. Cinquième étape. L’intensité de l’émotion dysfonctionnelle de la troisième étape est-elle la même ou a-t-elle diminué ? Plus elle sera atténuée, plus la restructuration cognitive aura été efficace. C’est l’étape de l' »évaluation« , comme le dit Ellis.

A

Activating event

B

Belief

C

Consequence

D

Disputing

E

Evaluation

Événement ou occasion

Cause = pensées et croyances

Conséquence = émotion (nommer et évaluer  l’intensité de l’émotion sur une échelle de 0 à 100)

Restructuration ou confrontation

Résultat (réévaluer l’intensité de l’émotion sur une échelle allant de 0 à 100)

Vos réponses


Lorsqu’on commence la restructuration cognitive en s’inspirant du TEPD, on demande au patient, dans un premier temps, de décrire les émotions dysfonctionnelles au moment où elles surviennent, de les associer à l’événement qui les génère et, surtout, de noter les pensées automatiques qui les provoquent. C’est l’étape du travail sur le système événements, émotions, pensées. Dans un deuxième temps, thérapeute et patient s’emploient à remplacer les pensées automatiques par des pensées mieux adaptées. C’est l’étape de la restructuration cognitive en tant que telle, du disputing, comme le dit Ellis ou, encore, de la « confrontation », comme le nomme Lucien Auger.

Les techniques émotionnelles :

La troisième vague des T.C.C repose en grande partie sur l’exploration de l’expérience vécue ici et maintenant., une notion baptisée « pleine conscience ». Ce passage est tiré de l’ouvrage de Philippot P. « Émotion et psychothérapie » (2007).

  • La « pleine conscience ». Kabat-Zinn (2003) a défini la pleine conscience comme un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention intentionnellement sur l’expérience qui se déploie au moment présent sans la juger. Chaque élément de cette définition est nécessaire pour cerner le concept de pleine conscience. Il s’agit donc d’un état de conscience qui résulte d’une action sur un élément donné. En d’autres termes, la pleine conscience implique le recrutement des processus d’attention soutenue. L’objet de l’attention est également important, il s’agit de l’expérience directe, personnelle et présente de l’individu, expérience qui fluctue sans cesse. Dans le cadre de la pleine conscience, l’expérience présente est principalement opérationnalisée par les données sensorielles immédiates, par exemple les sensations corporelles, ce que l’individu voit, sent, entend, goûte. L’expérience présente peut aussi être les pensées et images mentales qui surgissent spontanément dans le champ de la conscience.
  • La centration de l’attention sur l’expérience présente ne suffit pas. Il faut en plus le faire dans un certain état d’esprit, en entretenant une certaine attitude : l’attitude de non-jugement. Cette attitude de non-jugement implique le fait d’accueillir toutes les facettes de l’expérience présente, qu’elles semblent a priori agréables ou désagréables, et de les explorer avec la même curiosité bienveillante. En effet, notre tendance naturelle est de rechercher les aspects plaisants de nos expériences et de rejeter, minimiser ou de nier les aspects déplaisants. Dans la pleine conscience, contrairement à la relaxation, par exemple, on ne cherche pas à promouvoir un état physique ou psychologique agréable ou détendu. On cherche plutôt à prendre conscience le plus pleinement possible de toutes les facettes de notre état actuel, qu’elles soient positives ou négatives.

Il y a actuellement deux programmes exclusivement basés sur la pleine conscience qui ont été publiés et qui ont fait l’objet de recherches sérieuses. Il s’agit, d’une part, du programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction program) traduit en français par « programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience » de John Kabat-Zinn et, d’autre part, de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (« Mindfulness-Based Cognitive Therapy » : MBCT), développée part Segal, Williams et Teasdale (2002, 2006). D’autres formes de thérapies font largement appel à la pleine conscience, notamment la thérapie comportementale dialectique de Marsha Linehan (2000), la thérapie par l’acceptation et l’engagement (« Acceptance and Committment Therapy » : ACT, Hayes, 1994).

Les techniques corporelles :

Ce passage est tiré de l’ouvrage de Servant D., 2009, « La relaxation : nouvelles approches,nouvelles pratiques », Masson. La relaxation englobe l’ensemble des techniques qui permettent d’obtenir une réponse de relaxation. La réponse de relaxation décrite par Herbert Benson en 1974 correspond à un état marqué par une diminution du niveau d’alerte, de la fréquence cardiaque et respiratoire et de la tension artérielle : il en résulte une sensation de détente et de bien-être. Cet état physiologique s’oppose aux manifestations constatées lors de la réponse au stress et dans les états de tensions de d’anxiété.

  • La relaxation musculaire progressive : On entend par relaxation musculaire l’ensemble des techniques fondées sur la détente corporelle. La relaxation différentielle de Jacobson (1980) et le training autogène de Schultz sont les premières méthodes indiquées pourdes problèmes psychologiques. Elles utilisent deux modes d’induction différents : la contraction-décontraction successive des différents groupes musculaires (pour le Jacobson) et l’auto-induction par des méthodes autohypnotiques (pour le training autogène de Schultz). Au final, on obtient un état de relaxation. La détente musculaire peut aussi être obtenue par induction passive comme dans les massages issus de la médecine indienne ayurvédique ou de la médecine chinoise ou par la mise en mouvement du corps (par la posture) comme le yoga ou le tai-chi-chuan.


5 Replies to “Techniques”

  1. Valon

    Bonjour monsieur j’aurais une question est-ce que la derealisation se guéri avec la Tcc ? Puis-je savoir comment et est-ce que on guéri de ce trouble ?

    Répondre
  2. loutfi radouane

    assalamo 3alykom c est très bon article; de qualité; mais ça nécessite des exemples pour être bien compréhensible et des témoignages; si possible
    merci

    Répondre
  3. Pingback: psychothérapie définition

  4. Yoann

    Tres bon article, tres complet. Il faut en effet prendre les differentes dimensions du probleme psychologique et utiliser les 3 aspects pour le traiter: mental, comportemental et corpel.
    Pour la partie de la « pleine conscience », j’aurais conseiller de se renseigner sur les methodes de meditation pour y parvenir, celles ou l’on se fixe sur le corps uniquement, et non en visualisant des images, etant selon moi les meilleures (mais pas les plus faciles!)

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