mai 06

Colère normale et pathologique : la gestion de la colère

La colère

La colère : État affectif violent et passager, résultant du sentiment d’une agression, d’un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales (Larousse).

La colère, comme toute émotion, est une réaction à un événement. Mais, il ne faut pas se tromper. Ce n’est jamais un événement en soi qui déclenche l’émotion et la colère. Elle est toujours le résultat d’une interaction entre un désir, une attente et un événement contraire. L’obstacle perçu du désir la déclenche. L’intolérance à la frustration génère la colère. Pour le colérique, son désir doit être satisfait immédiatement et ne comprend pas et n’accepte pas la non-satisfaction de son désir. La colère est un signal qui nous indique la frustration d’un désir, la remise en cause d’une attente, l’attaque d’une valeur. Dans la colère, le désir prime. Nous planifions et anticipons tel résultat réel. La colère apparaît quand la réalité ne correspond pas à notre attente de nous même ou des autres. Sa fonction est donc de nous informer mais surtout d’informer l’autre qu’on n’est pas satisfait, qu’il doit réagir pour correspondre à notre désir.

La question à se poser est de savoir si nos attentes sont réalistes. Les colères sont normales et utiles. Mais elles deviennent pathologiques quand elles sont causées par des interprétations et des anticipations inadaptées.

Ici, nous abordons les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) de la colère. La colère est douloureuse pour soi et pour les autres. Elle est immédiate, soudaine, et violente. Elle nous fait perdre le contrôle.

Comment faire pour gérer son émotion ? Les cognitivistes mettent l’accent sur les « cognitions » c’est-à-dire les pensées de l’individu immédiatement avant, pendant et après la colère. Le travail sur les pensée est le plus important pour apprendre au colérique à retrouver le contrôle de son émotion. Mais il ne faut pas oublier que la colère est toujours l’expression d’un désir frustré spécifié par des anticipations. Les TCC de la colère consiste donc à s’interroger sur le réalisme de ses anticipations désirées.

Le thérapeute TCC demande au patient de remplir un tableau dans le but d’analyser ses colères. Dans lequel, il remplit la première colonne intitulée : situation. Ici, il inscrit les données objectives de la situation dans laquelle il a ressentit une colère : lieu, date, heure, personnes ou objets. La deuxième colonne concerne l’émotion, sa nature, dans notre cas, c’est la colère mais surtout son intensité subjective entre 0 et 10. La troisième colonne est la plus importante à savoir les pensées. Il s’agit d’identifier ses pensées pendant la colère. Quel est votre monologue intérieur simultanément à votre colère ? La dernière colonne est réservée à votre comportement, à ce que vous faîtes.

Ce travail basé sur ce tableau d’auto-observation a une double fonction, celle de connaître pour l’individu et pour le psychologue TCC les mécanismes singuliers des colères du patient mais celle de reprendre le contrôle de soi car par l’auto-observation, l’individu prend du recul sur la situation, sur ses attentes et ses désirs ce qui lui permet de commencer à gérer ses colères.

Une fois que nous avons passé le temps nécessaire pour identifier les schémas cognitifs constants à travers les pensées automatiques, le patient et le psychologue TCC travaillent ensemble sur les croyances et les inférences  de l’individu.

Par exemple, je rentre chez moi. Je vois mon conjoint les pieds sous la table devant la télé. Il me salue. Je ressens une violente colère. Je me sens méprisée et insultée. Comment peut-il m’attendre dans ces conditions et dire qu’il m’aime !!! Je lui hurle dessus qu’il ne m’aime pas !!! Car si tu m’aimais le repas serait fait quand j’arrive !!! Tu en as rien à faire de moi !!! Je pars pleurer dans ma chambre. Le psychologue TCC demande à la patiente ses pensées au moment de cette colère. Quelles étaient vos attentes ? Je m’attendais qu’il fasse à manger. Le psy. : lui avez-vous exprimez votre désir ? euh, non … Comment voulez vous qu’il connaisse votre attente ? S’il m’aimait, il le saurait ! Le psy. : Vous pensez donc qu’il ne vous aime pas ? Oui ! il ne fait jamais attention à mes désirs ! Le psy. : mais si vous ne lui exprimez pas, il ne peut pas les connaître et les satisfaire. Si nous revenions sur la situation, quand vous êtes arrivée, vous l’avez vu se détendre et vous saluer. Oui. Objectivement, cette situation ne déclenche pas votre colère. C’est votre interprétation qui a déclenché votre émotion. Vous attendiez qu’il ait préparé un repas en amoureux. Voyant que votre attente non exprimée n’était pas satisfaite, vous vous êtes mise en colère et vous êtes partie pleurer dans votre chambre. La question qu’on doit se poser est de savoir si votre attente était réaliste. À savoir pouvez vous attendre de la part de votre conjoint qu’il vous prépare un repas en amoureux tous les jours ? Non. Qu’est-ce qui vous paraît réaliste ? Que de temps en temps, il  me surprenne à organiser un diner. Comment votre désir puisse être satisfait alors que vous ne lui en avait jamais parlé ? Pensez vous que vous pouvez lui parler pour la semaine prochaine ? Oui.

Cet exemple illustre brièvement le travail quotidien lors d’une Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) dans le cadre de la gestion de la colère. Nous recherchons les pensées et les attentes irréalistes. En les interrogeant sur leur caractère réaliste, nous concevons et formulons des anticipations plus adaptées à nous-même et aux autres. Il ne s’agit pas de renoncer à son désir dont la colère exprime la frustration mais de le comprendre, de l’interroger sur son réalisme et de l’adapter à la réalité pour le satisfaire.

Ressentir la colère, la comprendre et exprimer son désir directement.

avr 03

L’anxiété sociale, phobie ou trouble de l’estime de soi ?


L’anxi
été sociale n’est pas une phobie mais un trouble de l’estime de soi. Elle est toujours reliée à une dévalorisation de soi personnelle ou interpersonnelle.

L’ANXIETE SOCIALE :

L’anxiété sociale est classée comme une phobie, comme la peur d’un objet perçu comme irrationnellement dangereux avec une perte de contrôle.

La conceptualisation de l’anxiété sociale comme une phobie est effectivement valide si nous nous concentrons sur l’objet (les autres) et l’émotion (la peur).

Définition classique : La phobie sociale est définie par le DSM-IV comme une peur persistante et intense d’une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers ou bien peut être exposé à l’éventuelle observation attentive d’autrui. Le sujet craint d’agir (ou de montrer des symptômes anxieux) de façon embarrassante ou humiliante.

La pensée de l’anxieux social : Cette peur de l’autre est associée à différentes pensées :

« J’ai peur que l’autre remarque que je stress »

« Je me regarde constamment en relation »

« J’ai peur d’être ridicule que les autres se moquent de moi »

« J’ai peur d’être rejeté, de ne pas être aimé »

« J’ai peur de dire une bêtise, de faire une gaffe »

« J’ai peur de ne pas être à la hauteur »

« Le regard de l’autre me gène et me fait me poser des questions : suis-je normal ? »

« Je me trouve nul(le), sans intérêt, sans conversation »

« Je ne suis pas drôle »

« J’ai peur de me dévoiler et montrer ma véritable nature »

« J’ai peur de bafouillé(e), de bloquer sur des mots »

« J’ai peur de rougir et que ça se voit »

Le contrôle de soi de l’anxieux social : La peur de l’autre, la perception de l’autre comme un danger génère un retour sur soi, une attention à soi, un contrôle de soi, une inhibition de soi ayant la fonction de ne pas faire ou dire quelque chose que l’autre pourrait blâmer.

Le comportement de l’anxieux social : La phobie sociale est accompagnée des comportements d’évitements des situations sociales ou bien s’il y a confrontation comme lors d’une soirée, des stratégies de distraction sont utilisées comme l’absorption d’alcool, de drogues ou d’anxiolytiques.

Critiques de l’anxiété sociale comme simple phobie : Percevoir l’anxiété sociale comme une phobie est réducteur car c’est ne pas prendre en compte l’estime de soi des anxieux sociaux qui ont peur de ne pas être appréciés, de ne pas être aimés ou bien d’être rejetés, ridiculisés, dévalorisés. L’anxiété sociale doit donc être perçue comme un trouble de l’estime de soi.

L’anxiété sociale apparaît quand l’individu anticipe, interprète ou se souvient d’une dévalorisation de soi de la part des autres. L’anxiété sociale provient de la dévalorisation de soi.

Tout anxieux social se dévalorise par rapport aux autres soit directement en s’auto-dévalorisant soit indirectement en attribuant aux autres un discours dévalorisant sur lui-même. 

Chez l’anxieux social, il y a nécessairement une représentation négative de soi par rapport aux autres partiellement ou globalement. Le soi est perçu par lui même négativement par rapport aux autres ou par rapport à son idéal.

La peur que notre image de soi ne soit pas renforcée positivement par autrui concerne directement les facteurs sociaux de l’estime de soi.

L’ESTIME DE SOI

Qu’est ce que le Soi ? Et qu’est ce que l’estime de soi ?

 La psychologie différencie trois formes du Soi :

   Le Soi pulsionnel (le proto-Soi)

  Le Soi affectif (la conscience-noyau ou le soi-noyau)

  Le Soi cognitif (la conscience étendue, le soi-autobiographique)

 Le Soi est donc une représentation hiérarchisée du corps de plus en plus intégrative.

 L’estime de soi est souvent conceptualisée comme un rapport entre un idéal de soi et un soi perçu. Soit le rapport est nul ou positif et l’estime de soi est bonne ; soit le rapport est négatif et l’estime de soi est négative. 

Cette conception est cognitive. Elle est une comparaison entre une représentation de soi idéale et une représentation perceptive de soi.

Il est nécessaire de compléter cette conception par la dimension affective du Soi. Le Soi affectif est le sentiment même de soi, le sentiment d’exister, ici et maintenant, sans référence cognitive, langagière, passé ou avenir. Notre sentiment même de Soi est affecté positivement ou négativement par le rapport cognitif entre le Soi idéal et le Soi perçu. Quand il y a cohérence, la satisfaction de soi et la fierté sont ressenties et quand il y a discordance, l’insatisfaction et l’aversion de soi apparaissent.

L’estime de soi est donc déterminée par les facteurs cognitifs et affectifs mais aussi sociaux.

L’ANXIETE SOCIALE COMME TROUBLE DE L’ESTIME DE SOI

L’estime de soi se nourrit par les feedback positifs et négatifs des autres.

L’individu construit son estime de soi par les retours des autres que se soit en utilisant ces informations ou en les rejetant. Si la personne souhaite être aimée par les autres, si elle s’imagine être quelqu’un de bien en fonction du jugement des autres, son estime d’elle-même dépendra directement de l’évaluation extérieure. Dans ce cas, les critiques, l’indifférence, le mépris ou le rejet sont destructeurs d’une bonne estime de soi et engendrent une mésestime de soi et une peur de l’autre.

Par contre, il est important de souligner qu’une bonne estime de soi basée sur des jugements sociaux positifs actuels ou passés ou bien sur un sentiment de compétence présent ou passé, est une protection contre les critiques, les rejets et l’indifférence.

Les autres par leurs punitions peuvent engendrer une estime de soi basse et une anxiété sociale si nous intégrons mentalement ses jugements négatifs.

Les autres par leurs récompenses peuvent causer une haute estime de soi et un sentiment d’être aimé si nous acceptons ses appréciations positives.

L’estime de soi par ses évaluations internes (Par exemple les pensées suivantes : « Quoiqu’ils disent, je suis quelqu’un de bien et de compétent ! » ou bien « Pour qui se prend-t-il pour me complimenter de cette manière ? Moi, je sais que je vaux rien ! ») peut relativiser les évaluations externes des autres que se soit les critiques ou les compliments.

Une haute estime de soi considèrera les jugements négatifs comme absurdes et sans importance, les louanges comme des évidences satisfaisantes.

Une basse estime de soi s’offusquera des compliments et acquiescera les critiques.

La dévalorisation de Soi est un danger générant de l’anxiété qu’elle soit intra-personnelle ou  inter-personnelle. Quand la peur de la dévalorisation de Soi est liée à autrui, l’anxiété devient sociale. L’anxiété sociale doit donc être perçue comme un trouble de l’estime de soi.

fév 22

Psychanalystes, au Tribunal !

Pourquoi le psychanalyste doit-il répondre de ses actes ?

Parce qu’il est un être humain et que tout être humain doit répondre de ses actes. Mais aussi et surtout quand il est médecin, parce qu’un médecin a des obligations particulières envers ses patients.  Notamment, « dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science, en faisant appel, s’il y a lieu, à l’aide de tiers compétents ». Parce qu’un médecin « doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s’aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s’il y a lieu, de concours appropriés ». Parce qu’un médecin ne peut proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé (articles  33 du code de déontologie médicale,  R. 4127-32, R. 4127-33 et R. 4127-39 du code de la santé publique). Or, les études scientifiques (Schopler, 1971 ; Lovaas et Simmons, 1969) les plus abouties démontrent clairement la non-pertinence de l’approche psychanalytique dans le traitement de l’autisme (et c’est notamment le cas du rapport qui sera rendu public par la Haute Autorité de Santé le 6 mars prochain).

Ne pas tenir compte de ces preuves scientifiques, c’est très clairement ne pas assurer des soins fondés sur les données acquises de la science ni tenir compte des méthodes scientifiques les mieux adaptées. Proposer un traitement psychanalytique de l’autisme c’est proposer au patient un procédé illusoire. Ce sont des fautes déontologiques. Ce sont également des fautes tout court, au sens civil et pénal.

Comment le psychanalyste doit-il répondre de ses actes ?

Votre enfant a été diagnostiqué autiste mais l’explication qui vous a été donnée repose sur un fondement psychanalytique ? Vous souffrez de toute la culpabilité qui vous a été infligée ? Votre enfant a été orienté vers une structure de soins où il  a subi des traitements d’approche psychanalytique type  « packing » ? Il n’a fait aucun progrès, ne parle pas ?

Vous n’avez pas à supporter la fatalité au nom d’une prétendue science omnipotente. Trois solutions s’offrent à vous :

-        Aller devant le Conseil de l’ordre,

-        Aller devant les juridictions pénales,

-        Aller devant les juridictions civiles.

Porter plainte devant le Conseil de l’ordre des médecins c’est attaquer la qualité de la pratique du médecin psychanalyste qui ne respecte pas ses obligations déontologiques. Il s’agit d’une action utile pour faire avancer la pratique médicale et mettre un terme à des agissements peu scrupuleux. Les instances disciplinaires pourront sanctionner d’un blâme, un avertissement, une interdiction temporaire ou permanente d’exercer voire une  radiation du praticien. En outre, lorsque les faits révèlent une incompétence professionnelle, une injonction de formation pourra assortir la décision !

Porter plainte au pénal, c’est poursuivre le psychanalyste qui a commis une infraction pénale. C’est une action grave mais qui parfois ne laisse pas le choix. En effet,  le droit pénal est édicté au nom de la Société tout entière. C’est parce que certaines valeurs sont socialement protégées (par exemple l’intégrité du corps humain) que certains comportements sont prohibés et érigés en infractions (les violences dans notre exemple). Et c’est au nom de la Société que des peines viennent sanctionner ceux qui violent la loi pénale, ceux qui ne respectent pas les valeurs de la Société. Autrement dit, la responsabilité pénale d’un individu est, de prime abord, totalement indifférente au préjudice qui pourrait être subi par un autre individu : c’est avant tout la Société qui est atteinte par le comportement déviant et c’est pour cela que le contrevenant (délinquant ou criminel) sera poursuivi et jugé, indépendamment d’un éventuel préjudice subi par un tiers. L’action pénale est avant tout publique et elle suppose avant tout la commission d’une infraction pénale. S’agissant du traitement des autistes en institution la Cour de cassation (dans un arrêt déjà ancien du 2 décembre 1998 a ainsi été amenée à juger s’agissant de sanctions infligées à de jeunes pensionnaires autistes par le personnel éducatif d’une institution spécialisée, notamment l’administration de douches froides que  « ne peuvent constituer des mesures éducatives des traitements dégradants imposés à des êtres humains ». La Cour a ainsi considéré que des pratiques assimilables au « packing » constituaient des traitements inhumains et dégradants et sanctionné leurs auteurs pour violences sur mineurs (articles 222-13 et 222-14 du Code pénal). D’autres pistes pourraient être explorées, selon les traitements effectivement subis, que l’on songe aux actes de torture ou de barbarie (articles 222-1 et suivants du code pénal), risques causés à autrui (articles 223-1 s.), omission de porter secours (article 223-6), abus de l’état d’ignorance ou de faiblesse (article 223-15-2)… Tout est donc affaire de circonstances… Il est tout à fait possible pour la victime de demander réparation du préjudice personnel et direct subi du fait de l’infraction.

Engager la responsabilité civile du psychanalyste est une autre piste à explorer qui pourrait peut être davantage prospérer car comme en dispose l’article 1382 du code civil : « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer ». Ici nul besoin de démontrer l’existence d’une infraction, la seule faute suffit (la violation d’un devoir ou plus globalement du devoir général de ne pas nuire à autrui). Ainsi, le simple diagnostic erroné pourrait être considéré comme une faute. Les mauvais soins médicaux aussi. Resterait à déterminer le préjudice et le lien de causalité entre les deux. Ce préjudice, qui peut être matériel ou moral, pourrait même consister en une simple perte de chance, comme l’admet la jurisprudence (V. notamment, Civ. 1re, 21 nov. 2006, n°05-15.674 : constitue une perte de chance réparable la disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable). Il a ainsi été jugé qu’en raison de leur persistance dans un diagnostic erroné, des médecins sont responsables de la perte d’une chance, pour le patient, de subir des séquelles moindres (V. en ce sens : Civ. 1re, 8 juill. 1997, n°95-18.113) ou encore que la perte d’une chance d’être «soigné efficacement» subie par un malade décédé au cours d’un accident postopératoire ne constitue pas seulement un préjudice moral, cette perte étant celle d’une chance d’éviter la mort et les divers préjudices en résultant directement (V. Civ. 1re, 10 janv. 1990, n°87-17.091). Quid du jeune autiste qui faute d’avoir pu bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement adéquats, fondés sur les données acquises de la science, aurait définitivement perdu la possibilité de pouvoir s’intégrer à la société ? Quid de la mère éplorée à qui le psychanalyste a fait comprendre que c’était de sa faute et qui s’est en outre vue privée de son enfant des années durant ? Quid de ces parents qui récupère un adulte dans un état végétatif après des années d’errance dans des institutions d’orientation psychanalytique ?

Maintenant, les psychanalystes doivent répondre de leurs actes ! 

fév 19

Le jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Lille le 26 janvier

Le jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Lille le 26 janvier dernier vous a déçu ? nous aussi… mais ne perdons pas espoir. En premier lieu, il s’agit d’une décision de justice qui ne se prononce pas sur le bien fondé du traitement de l’autisme par la psychanalyse. Il s’agissait pour les juges de déterminer (entre autre) s’il y avait eu dénaturation, du fait d’un montage video, des propos tenus par les protagonistes. Les juges ont eu à se prononcer sur des éléments de faits (que nous n’avons pas en notre possession et ne pouvons nous même apprécier) et à faire coïncider (ou non)  ces faits avec le droit (concrètement et pour l’essentiel, des notions juridiques complexes du droit de la propriété intellectuelle). Autrement dit, cette décision (pour contestable qu’elle puisse être) ne tranche pas le fond du problème du traitement de l’autisme par la psychanalyse et ne doit donc pas s’analyser en une victoire de la psychanalyse. En outre il est fort possible que cette décision soit réformée en appel. Enfin, reconnaissons que cette affaire  aura tout de même eu le mérite quelle que soit son issue, de porter à la lumière un problème de santé publique éminemment grave : le traitement très controversé des maladies mentales par la psychanalyse. C’est bien là l’essentiel dans le fond : faire parler de la contestation dont la psychanalyse est l’objet, tant de la part des « malades » et de leur famille que de la part des praticiens eux-mêmes. D’ailleurs, si le tribunal a estimé que les propos ont été coupés pourquoi ne pas diffuser l’intégralité des rushes ? ainsi chacun pourrait se faire une idée des propos tenus dans leur globalité. Attendons l’arrêt de la Cour d’appel et il sera temps d’aviser. Patience donc. En attendant, nous travaillons sur la responsabilité juridique des psychanalystes dans le domaine de la médecine. 

fév 14

La Saint Valentin, l’Amour et l’Ocytocine …

Le jour de la Saint Valentin est l’occasion d’exprimer son affection à l’être aimé. Mais comment ? de quelle manière ? En lui écrivant une lettre d’amour ? En lui envoyant un texto « je t’aime », ou en l’invitant au resto ?

Toutes nos façons de communiquer n’ont pas le même impact sur l’autre. Communiquer par SMS, par Facebook, par lettre ou directement à l’oral ne produisent pas les mêmes effets chez notre interlocuteur. Une étude récente le prouve. Un psychologue a demandé individuellement à des jeunes filles de 7 à 13 ans de vivre une situation stressante à savoir de se présenter devant plusieurs personnes en maintenant une expression émotionnelle neutre. Après ce moment, il était possible pour certaines filles de communiquer avec leur mère soit par téléphone, soit par texto et, pour d’autre, il était interdit de partager leur ressenti. Pour chacune de ces situations, le taux d’adrénaline et de cortisol (molécules liées au stress) étaient analysés par un prélèvement salivaire et le niveau d’ocytocine (hormone de l’attachement) était également observer par l’analyse urinaire. Résultat : parler directement avec un proche est beaucoup plus apaisant et soutenant que de lui écrire par SMS son émotion. Les filles qui ont pu téléphoner ont un taux de cortisol et de stress beaucoup plus bas que les autres filles qui ont soit pas communiqué ou seulement par texto et elles ont également un taux d’ocytocine bien plus élevé. Autrement dit, la communication orale est plus anti-stress que les autres formes d’échanges plus modernes en produisant plus d’ocytocine dans le cerveau.

Quelle est l’action précise de l’ocytocine sur notre cerveau ? Elle agit comme un réel philtre d’amour. Cette hormone initie et maintient les liens affectifs. Dés la naissance, la reconnaissance du bébé de la voix de sa mère induit chez lui une sécrétion d’ocytocine et réduit le stress. Chez l’adulte, l’inhalation de cette hormone augmente le sentiment de confiance en l’autre et fait éprouver une sécurité affective. Dans notre cerveau, une structure archaïque qui s’appelle l’amygdale commande l’anxiété sociale ; les contacts sociaux bienveillants inhibent la méfiance à l’égard de l’autre par la sécrétion d’ocytocine dans ce noyaux cérébral. De même, le désir sexuel est entretenu par cette hormone. Après chaque orgasme, l’ocytocine est sécrétée de nouveau. De cette manière, elle crée ou maintient le lien amoureux entre les partenaires.

Par conséquent, qu’on le veuille ou non, la communication amoureuse est sensorielle et primaire. Elle se base sur l’image du corps et du visage de l’être aimé, sur sa voix, ses tonalités et ses rythmes, sur son odeur et ses caresses. L’écriture est beaucoup trop culturelle pour déclencher directement et sans effort d’attention le sentiment amoureux. Voir, entendre, sentir et toucher notre bien aimé déclenche en nous, sans le vouloir, la passion amoureuse associant le désir et la tendresse.

La Saint Valentin est donc l’occasion pour vous de renforcer par une soirée en amoureux en tête à tête vos sentiments beaucoup plus que par une lettre d’amour, un mail ou texto ! Vivre l’amour directement en le disant à son partenaire ou en l’entendant de sa bouche est plus intense que de lui écrire ou de le lire.

jan 19

Attention jalousie : désir, sexe et amour !

La jalousie est une émotion normale provoquée par la perception d’un éloignement affectif de l’être aimé, initiée par un concurrent. La fonction de la jalousie sert à informer le jaloux qu’il existe une menace sur l’intimité partagée avec la personne adorée et à maintenir l’exclusivité relationnelle entre eux contre les agressions internes et externes au couple (parent/enfant, amoureux/amoureux, adulte/adulte…). Elle relève de l’attachement affectif entre les individus.

La jalousie n’est : 

  • Ni un désir mimétique : Selon la théorie mimétique de René Girard, la jalousie est un moment dans la dynamique du désir humain. Celui-ci est par nature mimétique, c’est-à-dire que notre désir est emprunté à un modèle, qui désire ou possède l’objet avant nous, et dont l’être nous fascine. Le jaloux est convaincu que l’être jalousé le devance dans la possession de l’objet et lui en interdit l’accès. La complaisance à entretenir ce sentiment vient de ce que l’existence de l’obstacle que constitue le rival jalousé, renforce la valeur de l’objet de la rivalité, laquelle renforce la fascination qu’exerce l’être du rival supposé heureux qui est l’idéal non-conscient du sujet. Critique : La jalousie est fondée sur un désir spécifique, le désir de l’affection de l’autre et de son maintient.
  • Ni le résultat de la sélection sexuelle : Les évolutionnistes nous apprennent que la jalousie, en nous poussant à contrôler notre partenaire, sert à nous garantir le maximum de succès reproductif quel que soit notre sexe. Et, c’est parce que nos ancêtres étaient jaloux qu’ils ont pu transmettre leurs gènes jusqu’à nous (La force des émotions, F. Lelord et C. André. Odile Jacob. 2001, page 246). Critique : La jalousie concerne également les enfants dès l’âge de 5 mois sans enjeu sexuel.

Mais, elle est une émotion normale qui informe l’individu d’un danger d’une rupture affective et de la nécessité de protéger le lien.

La jalousie devient pathologique quand celle-ci n’est pas adaptée à la réalité, sans menace réelle et est accompagnée d’une perte de contrôle.

 La jalousie pathologique engendre trois comportements :

  • Surveillance étroite : le jaloux se tient informé constamment de l’emploi du temps de l’être aimé ;
  • Restriction des contacts : il s’efforce à isoler son adoré de toutes les menaces sociales extérieures en tentant de le séparer physiquement ou affectivement de ses amis, de sa famille, de ses collègues, etc.
  • Dévalorisation de l’autre : le jaloux crée une relation de dépendance affective en rendant l’autre impuissant sans ressource extérieure, allant jusqu’à l’insulter et le menacer.

Le jaloux était-il un « obsessionnel » ? La jalousie peut devenir obsessionnelle quand la personne refuse l’idée de la trahison. Alors commence l’obsession, celle-ci s’impose et la contraint à rechercher des preuves. Conséquences psychothérapeutiques => Acceptation de l’idée d’être trahie et de la rupture (anamnèse => rechercher des séparations difficiles, traumatisantes, non acceptées).

Le jaloux était-il « paranoïaque » ?  La persécution ressentie du jaloux à l’égard de l’être aimé et son agressivité vindicative vont dans le sens de la paranoïa. Néanmoins, nous pouvons aussi concevoir cette jalousie agressive sans interprétation médicale. Ces colères et cette agressivité peuvent être comprises comme toutes les colères normales. Autrement dit, il me paraît normal qu’une personne qui s’attend que l’être aimé ne fasse attention qu’à lui soit en colère contre son amour et lui fasse des reproches à ce sujet.La colère du jaloux provient de son attente irréaliste au sujet de l’être aimé. Ce dernier doit être exclusif à son égard. Tout manquement à cette exclusivité est perçue comme une trahison.

Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) concernent la jalousie pathologique, celle qui fait souffrir le jaloux et l’être aimé. 

jan 18

Panique à bord ! La phobie de l’avion !

La peur empêche 1 personne sur 10 de prendre l’avion.

Environ 1 million de personnes par jour voyagent par la voie des airs tout en étant anxieuses !

Même les voyageurs les plus confiants connaissent parfois des pointes d’anxiété durant un vol. 70 % des voyageurs anxieux ont recours à une médication psychotrope (anxiolytique) pour prendre l’avion mais 75 % d’entre eux n’en ressentent aucun effet positif.

Beaucoup souffrent de l’avion, prennent des anxiolytiques sans effet ! Alors que faire ?

Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) offrent une solution efficace contre la phobie de l’avion. 

Les TCC de l’aérophobie reposent sur deux techniques principales que le psychologue  psychothérapeute TCC utilise l’une après l’autre : d’abord la désensibilisation systématique, puis l’exposition in vivo.

  • La première technique est un travail qui consiste à apprendre une méthode de relaxation pour abaisser le seul de l’anxiété de l’individu par lui-même sans médicament, avant de se représenter en imagination les moments cruciaux du vol de l’avion qui sont classiquement à l’origine de la peur. Après l’entraînement à la relaxation, le psychologue psychothérapeute TCC propose des séances de travail en imagination de 45 minutes chacune au cours desquelles la totalité du vol est imaginé par visualisation mentale et chaque difficulté retravaillée plusieurs fois. Cette désensibilisation dure plusieurs séances.
  • La deuxième technique est graduée et s’appuie sur des films et des enregistrements de décollage, du bruit des moteurs pendant le vol et au moment de l’atterrissage, des déplacements à l’aéroport et l’utilisation de simulateur de vol.

Ces deux techniques comportementales sont les plus adaptées pour soigner la phobie de l’avion.

La peur de l’avion se complique souvent par la peur d’avoir peur dans l’avion. La peur de perdre le contrôle de soi, la peur de perdre connaissance, la peur de crier, la peur de vouloir s’échapper, toutes ses peurs sont souvent associées à la phobie de l’avion.

Pour ces personnes souffrant d’attaques de panique dans l’avion, le psychologue psychothérapeute TCC travaille avec la personne sur la gestion de son angoisse. Ici, le « paniqueur » redoute ses propres sensations de peurs qu’il interprète comme dangereuses et prémonitoires de dangers. Les TCC consistent dans ce cas à identifier les sensations angoissantes pour la personne, puis d’exposer « le phobique » à ses propres sensations en utilisant le relaxation corporelle et le contrôle respiratoire. Cette exposition classique est couplée à une analyse du dialogue intérieur de la personne. À quoi pensez vous quand vous ressentez votre rythme cardiaque augmenté, votre respiration se restreindre, quand vous percevez votre transpiration subissez des vertiges ? Ces pensées automatiques interprètent ces sensations comme dangereuses et par là même augmentent l’angoisse et génèrent l’attaque de panique. Cette phase des TCC de l’attaque de panique en avion est celle de la thérapie cognitive qui entraîne le patient à identifier et à prendre conscience de ses pensées anxiogènes pour envisager de nouvelles interprétations mentales plus réalistes de ses sensations désagréables. « Mon coeur bat très vite. J’ai du mal à respirer. Effectivement, je suis angoissé. Ce sont les manifestations de mon émotion et non le signe d’un problème médical. En me détendant et en respirant lentement, mon angoisse va diminuée et mes sensations désagréables aussi ».

Les TCC (Thérapies Comportementales et Cognitives) sont les techniques les plus efficaces pour vous débarrasser de votre phobie de l’avion. Votre plus grande récompense de vous soigner sera de pouvoir voyager librement et découvrir de nouveaux horizons.

jan 18

Barbie, l’estime de soi et le cancer …

Les poupées sont généralement destinées à l’amusement des enfants. Mais les jouets sont aussi le reflet de normes sociales. Rien d’étonnant à ce qu’une campagne pour la commercialisation d’une Barbie sans cheveux, à destination des jeunes cancéreux, ait vu le jour.

Pourquoi des parents demandent à Mattel une Barbie chauve pour leurs enfants cancéreux qui suivent une chimiothérapie et perdent leurs cheveux ? Parce ce qu’il y a un vrai besoin. Cette poupée incarne en effet une norme psychosociale, en fonction de laquelle se crée l’estime de soi.

L’influence de la Barbie dépend de l’enfant, qui n’est pas passif et a son propre caractère, mais aussi des groupes auxquels il appartient (sa famille, son école, ses camarades). Si son entourage valorise la beauté et le luxe, deux normes qu’incarnent la Barbie, l’enfant, souhaitant être aimé, va se comparer à ces normes. Et lorsqu’un écart se crée entre la norme du groupe et la vision de soi qu’a l’enfant, il peut expérimenter un sentiment de rejet, un désamour, voire une stigmatisation.

Pour aider à accepter la différence d’avec la norme majoritaire, il n’est pas inintéressant d’envisager des Barbie reflétant des normes minoritaires, comme une Barbie chauve qui symbolise le cancer. Mais il n’y a pas que la chimiothérapie, alors pourquoi pas une Barbie obèse, une naine, une avec un sein en moins, etc. ?

Toutefois, si cette Barbie au crâne chauve peut être utile pour un enfant cancéreux, en ce qu’elle normalise son état et évite sa stigmatisation, une telle poupée ne sera profitable qu’aux enfants dont l’entourage valorise l’apparence physique. On voit bien que les visuels de la campagne pour la commercialisation de cette Barbie sans cheveux font passer l’estime de soi par l’apparence physique. Il n’y a qu’à lire les slogans « BARBIE: Bald And Really Beautiful Is Extraordinary » (Être chauve et très belle est extraordinaire) et « Beautiful Bald Barbie in 2012! » (Une belle Barbie chauve en 2012) pour s’en convaincre.

Le magasin de vêtements « My London Girl » propose aux petites filles de s’habiller comme leurs poupées, Londres, août 2011 (SIPA)

En outre, l’enfant peut percevoir cette Barbie comme une tentative de le réduire à sa maladie. Il peut très bien avoir le crâne lisse, mais vouloir une poupée pleine de force, de vitalité et avec des cheveux. La Barbie chauve pourrait symboliser la résignation face à la maladie, alors que l’enfant veut la combattre. Et ce d’autant que la poupée resterait chauve, comme s’il était impossible de guérir du cancer. On pourrait peut-être envisager une Barbie crescendo, avec des cheveux qui repoussent, pour montrer que la voie de la guérison reste du domaine du possible.

Plutôt qu’une Barbie chauve, face à un enfant qui a un cancer, les parents et instituteurs devraient mettre en avant des jouets qui permettent une estime de soi plus stable, qui dépende des compétences de l’enfant, de ses habiletés, de lui-même, et ne le réduise pas à la maladie. Ce n’est pas parce qu’un gamin a un cancer qu’il ne peut plus avoir envie de construire de Lego ou de jouer à des jeux de société !

jan 12

Facebook, Twitter renforcent l’estime de soi chez les ados !

Pour renforcer l’estime de soi de vos ados, inciter-les à bloguer sur facebook ou twitter ! 

Une récente étude démontre que la pratique des médias sociaux améliore l’estime de soi, diminue les difficultés psycho-sociales et augmentent les activités sociales chez les adolescents. Contrairement à l’opinion selon laquelle facebook serait dangereux pour eux en les enfermant. Les réseaux sociaux virtuels sont un apprentissage aux interactions réelles et améliorent l’équilibre émotionnel des ados.

Parler de soi, exprimer ses émotions aussi bien agréables que désagréables par média interposé ou directement permet une meilleure compréhension et gestion de soi-même. Les médias interactifs sont même plus utiles pour le développement de l’adolescent que la pratique du journal intime traditionnel. Celui-ci a largement été étudié et offre également beaucoup de bienfaits. Comme pour les blogs, parler de soi à soi-même est un exercice intellectuel de distanciation sur les situations vécues, les émotions ressenties et le discours intérieur. Mais contrairement à facebook ou twitter, le journal intime ne permet pas d’interagir avec autrui. Les médias sociaux offrent les mêmes avantages que le journal intime par la narration de soi mais avec la possibilité supplémentaire d’entretenir des relations sociales. Toute la différence est évidemment l’interaction sociale. Les médias sociaux permettent d’interagir et de se présenter à l’autre tel qu’on est. Ressentir et exprimer ses émotions directement à l’oreille d’un ami ou par facebook, ça ne change pas grand chose. Le plus important est la relation réciproque de la parole et de l’écoute. Par le blog, l’ado apprend à s’affirmer beaucoup plus qu’avec un journal intime ou une relation réelle. Car, bloguer favorise comme avec le journal intime, la distanciation et comme avec les relations sociales, l’interaction. Ce qui génère une pratique sociale plus intelligente.

S’exprimer sur un blog améliore donc l’estime de soi par l’acceptation de soi par l’autre. L’estime de soi n’est pas indépendante et dépend toujours en partie des autres. C’est pourquoi il est indispensable de savoir communiquer et savoir exprimer sa personnalité et son intelligence en présence d’autrui. Être accepté par l’autre et être apprécié est nécessaire pour notre estime de soi. Le blog est un moyen pour tout dire sous le regard des autres en nous libérant des contraintes immédiates de la relation.

jan 05

Dangerous method : la psychanalyse

A Dangerous Method : Le cas de Sabina Spielrein 

La Psychanalyse est dangereuse pour la Morale ! Le film présente la psychanalyse à travers un trio formé par Freud, le père, Jung, le fils spirituel et une patiente de ce dernier, Sabina Spielrein. Nous nous intéresserons essentiellement à la patiente.

L’histoire commence par l’arrivée de Sabina Spielrein dans la clinique psychiatrique de Zurich. Elle manifeste visiblement tous les symptômes de l’hystérie (« théâtralisation », érotisation des rapports sociaux, cris, violence, instabilité émotionnelle). Le Dr Jung propose à cette patiente un traitement « expérimental », la psychanalyse. Il lui demande de s’asseoir sur une chaise et de lui raconter tout ce qui lui vient à l’esprit. Jung, lui aussi s’assoit sur une chaise mais derrière elle en dehors de son champ visuel afin de faciliter les associations de la patiente. A plusieurs reprises, pendant les séances et le rappel des souvenirs, Sabina se met en transe avec violence et douleur comme si elle revivait une situation traumatisante. La cure avance. Lors d’une séance, la patiente prend conscience d’un souvenir inavouable : le plaisir qu’elle a ressenti quand son père lui donnait la fessée. Ce souvenir sera donc la cause de sa maladie ! Le traumatisme initial est ce souvenir constitué de la représentation perceptive du père, de son humiliation physique et de l’intense plaisir associé. Le trauma n’est pas extérieur, objectif. Il est psychologique. C’est le souvenir et non la réalité vécue qui cause la maladie. Nous avons ici la cause initiale. Par quel mécanisme ce souvenir a engendré les symptômes de l’hystérie ? Celui-ci était tellement inacceptable pour la morale de Sabina, de jouir de la douleur causée par son père, qu’elle s’en est défendue en le rejetant systématiquement dans sa mémoire à long terme afin de l’oublier. Le traumatisme de Sabina provient de son refus de percevoir son ressenti affectif, de son évitement émotionnel. De ce refus naît la névrose ! Tout le travail du Dr Jung avec sa patiente consistera à réactiver ce souvenir et à l’accepter. De cette acceptation naîtra la guérison et une passion commune. Celle de la liberté de jouir par la douleur et celle de la jouissance de la guérison.

Sabina Spielrein deviendra psychiatre psychanalyste et influencera Freud dans la conception de la pulsion de mort. Quant à Jung, il a été excommunié de la psychanalyse  par Freud pour avoir émis l’hypothèse que toutes les névroses n’étaient pas nécessairement d’origine sexuelle et qu’il était possible pour un malade de guérir. Freud laissera aux pays occidentaux une pensée dogmatique, soutenue par une organisation sectaire et une pratique dangereuse par son inefficacité.

Articles plus anciens «


Warning: fopen(/htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/wds-files/wds-sitemaps/widget.txt) [function.fopen]: failed to open stream: No such file or directory in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 124

Warning: fread(): supplied argument is not a valid stream resource in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 125

Warning: fclose(): supplied argument is not a valid stream resource in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 126

Warning: fopen(/htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/wds-files/wds-sitemaps/.txt) [function.fopen]: failed to open stream: No such file or directory in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 131

Warning: fread(): supplied argument is not a valid stream resource in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 132

Warning: fclose(): supplied argument is not a valid stream resource in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-1/seo1.php on line 133